Apprendre la photo

Conseils et astuces pour la photo de cascades

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Les chutes d’eau sont souvent des sujets de choix en photographie, de par leur élégance, leur mouvement et leur caractère toujours changeant qui les rendent belles à saisir. Cependant, elles présentent un certain nombre de défis pratiques qui peuvent les rendre difficiles à photographier.

Photographier les chutes d’eau et en saisir l’essence est beaucoup plus difficile qu’on ne le pense.

Cependant, en tant que photographes, nous aimons les défis, et grâce aux quelques conseils de ce guide, vous pourrez aborder la photographie de cascade d’une manière simple en maitrisant ses aspects techniques et créatifs.

Matériel et réglages de l’appareil photo

1.  L’appareil photo

Tout reflex ou hybride numérique qui vous permet de contrôler la vitesse d’obturation et (idéalement) de prendre des photos en mode manuel vous permettra de prendre des photos de chutes d’eau. Je recommande de prendre des photos au format RAW, car cela vous donnera le plus d’informations possible pour le post-traitement de votre image.

2.  Les objectifs

Lorsque vous commencez à photographier des cascades, il est intéressant d’essayer différentes longueurs focales pour obtenir différents effets. Le plus souvent, un objectif grand angle (16-35 mm) est utilisé pour inclure un premier plan et/ou pour cadrer toute la chute d’eau.

Il est également amusant d’apporter un téléobjectif (24-70mm ou 70-200mm) pour expérimenter la capture d’un aspect plus intime d’une partie seulement de la chute d’eau. Cela fonctionne particulièrement bien pour les chutes d’eau en cascade. Un téléobjectif est également pratique si vous ne pouvez pas vous approcher directement de la cascade et que vous devez comprimer la scène.

3.  L’esthétique de l’image

La principale chose que vous pouvez modifier sur une photo de cascade est l’apparence de l’eau, et le seul facteur de contrôle pour cela est la vitesse d’obturation.

Chaque cascade est différente et il n’y a pas de vitesse d’obturation « correcte » à utiliser, mais si vous voulez capturer le mouvement de l’eau d’une manière floue, vous devrez utiliser une vitesse d’obturation lente — généralement entre une et 30 secondes.

Si au contraire, vous souhaitez « geler » les éclaboussures et les mouvements de l’eau, vous devrez utiliser une vitesse d’obturation rapide.

Il n’y a pas de règle stricte en ce qui concerne la vitesse d’obturation parfaite, et cela dépend totalement de l’aspect que vous voulez donner à l’eau.

Expérimentez avec différentes vitesses d’obturation pour créer différents effets et ajustez les autres paramètres, tels que l’ouverture et la sensibilité ISO.

À lire : « Comprendre la vitesse d’obturation en photographie »

4.  Ouverture et sensibilité ISO

Commencez par un niveau ISO aussi bas que possible — généralement, ISO 100 est un bon point de départ, mais en fonction de vos autres réglages et du rendu que vous voulez donner à votre image, vous n’aurez peut-être pas d’autre choix que d’augmenter cette valeur.

Utilisez une ouverture étroite (nombre f élevé) pour obtenir une grande profondeur de champ, puis faites la mise au point sur un tiers environ de la scène pour obtenir une bonne netteté de l’avant vers l’arrière.

À lire : « Comprendre et calculer la distance hyperfocale »

En réduisant l’ISO et en rétrécissant l’ouverture, vous réduisez également la quantité de lumière qui atteint votre capteur. Ce qui vous permettra de ralentir suffisamment la vitesse d’obturation pour rendre l’eau floue.

À lire : « Comprendre l’ouverture en photographie »

À lire : « Comprendre la sensibilité ISO en photo »

5.  Utiliser un trépied

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Pour les longues expositions, un trépied est indispensable !

En effet, comme la photographie des chutes d’eau implique souvent l’utilisation de vitesses d’obturation plus longues, il est presque impossible de se passer d’un trépied. Et cela, même avec la meilleure technologie de réduction des vibrations ou de stabilisation optique dont dispose votre objectif.

Privilégiez un trépied robuste et fiable qui ne risque pas de tomber à la moindre bourrasque. Je me retrouve souvent debout dans un ruisseau avec les jambes de mon trépied dans l’eau, et la dernière chose que je souhaite, c’est que mon appareil photo tombe à l’eau !

Note : Un trépied est un bon investissement donc évitez si possible les trépieds « gadgets ». Mieux vaut acheter une fois un trépied de bonne qualité que plusieurs fois un mauvais trépied…

6.  Déclenchement de l’obturateur

Un déclencheur Bluetooth ou à câble est également un bon investissement pour vous aider à minimiser les tremblements de l’appareil photo lorsque vous appuyez sur le bouton de l’obturateur de votre appareil (lorsque vous faites des poses longues).

Astuce : Si vous n’en avez pas, utilisez le mode retardateur (2sec) de votre appareil photo.

7.  Filtres ND (filtre à densité neutre)

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La difficulté de la prise de vue des chutes d’eau est qu’elles sont souvent prises de jour, alors que les conditions de lumière ne permettent souvent pas d’obtenir une vitesse d’obturation suffisamment lente pour obtenir un flou de l’eau.

Lorsque votre ISO est au plus bas, l’ouverture au plus haut, et que vous souhaitez quand même ralentir encore plus la vitesse d’obturation, il n’y a qu’une chose que vous puissiez faire : utiliser un filtre !

Les filtres ND bloquent une partie de la lumière, ce qui vous permet de réduire davantage votre vitesse d’obturation, et cela même en plein soleil. Les filtres à densité neutre se déclinent en différents niveaux. Plus le filtre est sombre, plus la vitesse d’obturation sera lente.

C’est le moyen le plus simple d’obtenir la vitesse d’obturation que vous souhaitez si vous voulez donner un aspect crémeux à l’eau en pleine journée.

Pour la plupart des scénarios, l’utilisation d’un filtre 3 à 6-stop, qui devrait vous permettre d’obtenir une vitesse d’obturation de 20 à 30 secondes dans des conditions lumineuses.

Bien sûr, tout cela est totalement subjectif, alors jouez et expérimentez pour obtenir l’effet désiré et trouvez ce qui vous plaît.

8.  Filtres polarisants

S’il y a bien un filtre à avoir dans son sac photo, ce serait un filtre polarisant ! Surtout quand il y a une chute d’eau à photographier. Utilisés devant l’objectif, ils réduisent les reflets de surface et renforcentla saturation des couleurs naturelles.

Ces filtres agissent également comme un filtre de densité neutre, bloquant la lumière entrante de 1 ou 2 arrêts.

Parfois, un filtre polarisant est le seul filtre nécessaire pour photographier les chutes d’eau. Mettez d’abord un de ces filtres sans aucun filtre ND pour voir s’il fournit les vitesses d’obturation souhaitées.

Pour plus d’informations sur les filtres vous pouvez lire notre article : « Les meilleurs filtres pour la photographie de paysages »

Quelques conseils pratiques

1.  Shooter au bon moment de la journée

La lumière du soleil peut facilement ruiner une photographie de cascade, car une lumière intense projette de fortes ombres sur la scène, ce qui rend difficile une bonne exposition. Elle provoque également de nombreux reflets dans l’eau et les paysages humides, qui se traduiront par de minuscules points blancs sur votre photo.

Pour éviter ces problèmes, prenez vos photos au lever ou au coucher du soleil (l’heure dite « dorée »), lorsque la lumière du soleil est moins intense et plus diffuse. Ces moments de la journée permettent d’obtenir une exposition plus uniforme, et la lumière réduite signifie que vous pouvez utiliser plus facilement une vitesse d’obturation lente. Les jours nuageux produisent d’excellentes conditions d’éclairage pour les mêmes raisons.

2.  Les saisons

Du petit filet d’eau par une journée d’été au torrent déchaîné en automne et en hiver, les chutes d’eau prennent des allures très différentes tout au long de l’année. Même au cours d’une même journée, de fortes pluies peuvent transformer une chute d’eau en quelques heures.

Prévoyez vos visites pour obtenir le type d’image que vous souhaitez, mais n’oubliez pas non plus de visiter le même endroit à plusieurs reprises tout au long de l’année.

La flexibilité de vos visites vous permettra de tirer le meilleur parti de n’importe quel endroit.

3.  La composition

Avec tous les aspects techniques à prendre en compte, il est facile d’oublier le côté créatif. Les chutes d’eau sont un sujet photographique comme un autre, et il faut prendre le temps de choisir une composition saisissante et engageante, car la composition est la clé d’une bonne photographie.

Face à une chute d’eau, la plupart des gens se tiennent sur la rive, et pointent leur appareil photo directement sur la chute. Le plus souvent, cela donne la même photo peu inspirante que celle que nous avons tous vue mille fois auparavant.

Des facteurs tels que l’utilisation d’éléments naturels en premier plan ou l’utilisation de lignes directrices permettent de donner de la profondeur à une scène.

Passez du temps à explorer les environs pour trouver une composition plus intéressante. Essayez de photographier de haut, à travers les arbres ou les buissons, ou juste au-dessus du niveau de l’eau pour obtenir un point de vue inhabituel et plus créatif.

Inclure d’autres éléments qui ajoutent de l’intérêt à la scène est une excellente technique. Les rochers, les ponts et les plantes intéressantes du premier plan contribuent tous à donner un contexte à votre photo. Cela donne au spectateur une meilleure idée de l’endroit où vous vous trouviez et lui permet d’« explorer » la scène visuellement et mentalement, créant ainsi une image plus engageante.

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Inclure des personnes est l’un des moyens les plus sûrs d’ajouter de l’intérêt à une photo. Les chutes d’eau ne font pas exception à la règle, et une personne bien placée créera un point focal qui pourrait autrement faire défaut. Les gens sont également un excellent moyen de donner à votre photo un sens de l’échelle.

À lire : « Guides et techniques de composition »

Voici quelques idées que vous pouvez essayer :

  • Utilisez des sujets de premier plan bien visibles, tels qu’un gros rocher avec de la mousse ou des feuilles tombées, pour donner de l’impact et de l’échelle à vos images.
  • Dans les rivières peu profondes et calmes, au pied des chutes d’eau, prenez des photos près du sol, juste au-dessus de l’eau qui coule, pour obtenir une perspective unique.
  • La cascade et l’eau qui coule, sera la partie la plus lumineuse de l’image qui attire votre œil, alors n’oubliez pas de laisser un peu d’espace autour d’elle.
  • Cherchez les lignes directrices qui mènent l’œil à travers l’image, le chemin se terminant sur la chute d’eau. Essayez avec un tronc d’arbre tombé, une série de petites pierres ou tout autre élément que vous pouvez trouver. Tous ces éléments constituent un moyen efficace de créer un parcours pour l’œil du spectateur.
  • Cherchez également des arbres ou des éléments naturels qui peuvent encadrer la cascade.

4.  Restez au sec

Les chutes d’eau produisent beaucoup de brume et de gouttelettes dans l’air. Même en se tenant aupied d’une chute relativement calme, des projections peuvent atteindre votre objectif, vos filtres, votre appareil photo et vous-même. Il n’y a rien de plus ennuyeux que remarquer des gouttelettes d’eau floues sur vos images au moment du post-traitement.

Pour lutter contre cela, voici quelques articles pratiques que vous devriez avoir lors de chaque séance ou vous photographiez des cascades :

  • Une housse imperméable pour le sac de l’appareil photo. Non seulement pour se protéger de la pluie ou des projections, mais aussi pour se poser sur un sol détrempé.
  • Portez des chaussures avec une bonne semelle. Prévoyez aussi des bottes, car elles vous donneront la possibilité d’être plus expérimental avec votre composition, en allant peut-êtremême dans l’eau si elle est suffisamment calme et sûre.
  • Apportez des chiffons microfibres pour sécher vos objectifs/filtres et votre appareil photo avant de le mettre dans votre sac.
  • Bien qu’ils soient encombrants, les parapluies peuvent être très utiles en vous protégeant, vous et votre matériel, entre les prises de vue, surtout s’il a plu et que de l’eau s’écoule des arbres.

Checklist pour la photographie de cascades

  • Il est essentiel d’utiliser un trépied solide pour la photographie à longue exposition
  • Utiliser un déclencheur à câble, Bluetooth ou le minuteur (2sec) pour réduire le bougé de l’appareil
  • Réglez votre appareil photo sur la sensibilité ISO minimale nécessaire et sur l’ouverture qui vous permets d’avoir toute la scène nette.
  • Composez votre image sans filtre (vous ne pourrez pas faire la mise au point efficacement dans le viseur avec un filtre ND sombre en place)
  • Fixez votre filtre polarisant et faites-le pivoter pour obtenir l’effet optimal
  • Réglez la vitesse d’obturation de manière à obtenir une exposition équilibrée — utilisez l’histogramme pour vous aider
  • Si vous avez besoin d’une vitesse d’obturation plus longue, utilisez un filtre ND
  • Prenez votre photo et examinez les résultats
  • Vérifiez également entre les prises si votre objectif et vos filtres ne sont pas recouverts de gouttelettes d’eau

Conclusion

Photographier des chutes d’eau peut être un défi. Non seulement nous photographions quelque chose qui change constamment, mais il est également difficile d’envisager l’effet de la vitesse d’obturation sur l’eau tant que vous n’avez pas pris la photo.Ne vous inquiétez pas, avec de la pratique, vous devriez rapidement prendre des photos de cascadesuniques !