Apprendre la photo

Astrophotographie : Le guide complet pour réussir ses photos

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L’astrophotographie est devenue incroyablement populaire ces dernières années, grâce aux progrès de la technologie des appareils photo numériques et des objectifs.

Nous pouvons désormais réaliser des photos du ciel nocturne avec une clarté étonnante, en utilisant un matériel relativement abordable ! C’est quelque chose qui était à peine possible avec un équipement très coûteux il y a seulement 15 ans.

Peut-être que les couleurs intenses de la nébuleuse d’Orion ou le scintillement de l’amas d’étoiles des Pléiades ont éveillé votre intérêt pour l’astrophotographie. Ou peut-être qu’une photographie de paysage obsédante dominée par la pleine lune est plus votre style. Quelle que soit la manière dont vous êtes arrivé ici, nous comprenons votre passion.

L’astrophotographie exige une compréhension des bases des réglages de votre appareil photo : Sensibilité ISO, Vitesse d’obturation et ouverture, ainsi que du processus de prise de vues en longue exposition.

Si vous êtes un débutant, nous avons de bonnes nouvelles. Avec un appareil photo DSLR d’entrée de gamme, d’un trépied et éventuellement d’un tacker (nous vous expliquons plus loin), les paysages étoilés comme celui-ci sont à votre portée.

astrophotographie

Il existe de nombreux types d’astrophotographie allant de la photographie grand-angle de la Voie lactée à la photographie du ciel profond à l’aide d’un télescope. Les éléments de base de ce passe-temps comprennent la compréhension des images à longue exposition, la mise au point et le post-traitement des images.

L’astrophotographie présente quelques obstacles qui peuvent sembler insurmontables sans un bon encadrement. Heureusement, nous couvrirons toutes les informations et techniques nécessaires dans cet article !

Les différents types d’astrophotographie

Il existe plusieurs types d’astrophotographie que vous pouvez pratiquer.

L’astrophotographie grand-angle

astrophotographie-grand-angle

C’est un type d’astrophotographie qui utilise un large champ de vision, comme les objectifs (très) grand-angles. Ces images comprennent des paysages nocturnes avec la Voie lactée en arrière-plan. La capture de trajectoires d’étoiles est également un autre grand sujet. Cette catégorie est très accessible et la moins technique.

Espace/ciel profond

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Ce sont les photographies qui sont prises avec un télescope d’objets lointains. Ce sont les belles images de nébuleuses intéressantes et de galaxies lointaines. Ce style inclut les aspects les plus compliqués et les plus techniques de l’astrophotographie.

Le système solaire

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Tout ce qui se trouve dans notre propre système solaire, comme notre lune, notre soleil et les planètes qui tournent autour. Ici, vous pouvez utiliser un télescope, mais vous pouvez aussi utiliser une multitude de téléobjectifs pour obtenir des résultats étonnants.

Astrophotographie en time-laps

Le Time-laps est une extension de l’astrophotographie grand-angle. Cela nécessite de prendre de nombreuses expositions sur une certaine période, puis de combiner les images pour créer une vidéo.

Qu’est-ce que la Voie lactée ?

Commençons par le commencement. Qu’est-ce que la Voie lactée et comment pouvez-vous la voir ?

Eh bien, techniquement parlant, la Voie lactée est la galaxie dans laquelle nous vivons. Donc, quand vous regardez la nuit et que vous voyez des étoiles, n’importe lesquelles… elles font toutes partie de la Voie lactée.

Si c’est vrai, que veulent dire les gens lorsqu’ils parlent de voir la Voie lactée ? Ils parlent en fait du noyau de la Voie lactée, qui est le centre de notre galaxie. Ce noyau est une bande dense d’étoiles qui est visible à l’œil nu.

Quand voir le noyau de la Voie lactée

Avant de vous précipiter et faire des plans pour aller photographier le ciel, gardez ceci à l’esprit : le noyau de la Voie lactée n’est visible que certaines nuits de l’année.

Les meilleurs mois pour voir le noyau de la Voie lactée sont de mars à octobre, ou de mai à août si vous voulez voir l’ensemble du noyau de la Voie lactée.

En plus de la bonne période de l’année, l’autre némésis du photographe de paysages nocturnes est la pleine lune. Il y a une pleine lune environ tous les 27 jours. Lorsque la lune est pleine ou presque, elle est si brillante que vous pourrez à peine distinguer le noyau de la Voie lactée.

Où regarder

Le noyau de la Voie lactée peut être vu de pratiquement n’importe où sur Terre, à condition que le moment soit bien choisi.

Il apparaîtra sous différents angles dans le ciel selon l’endroit où vous vous trouvez, mais le noyau de la Voie lactée lui-même aura la même apparence.

Les applications pour vous faciliter la tâche

Il existe maintenant tellement d’applications qui peuvent vous aider à trouver la Voie lactée (ainsi que l’angle du soleil et la lune) que nous n’en mentionnerons que quelques-unes.

Sun Surveyor, PhotoPills et The Photographer’s Ephemeris sont trois des plus populaires, et toutes peuvent afficher la position et l’heure de la Voie lactée pour n’importe quel jour de l’année.

La plupart sont des applications mobiles, mais The Photographer’s Ephemeris a à la fois une version de bureau et une application mobile. Il existe également des applications qui offrent des fonctionnalités supplémentaires telles que le rendu en 3D.

Ces informations vous aideront à planifier votre prochaine sortie !

Comment éviter la pollution lumineuse et trouver des ciels sombres

La dernière chose à prendre en compte avant de partir à l’aventure est la pollution lumineuse. (Bien sûr, vérifiez le temps pour vous assurer qu’il ne sera pas trop couvert). C’est en effet un grand obstacle lorsqu’il s’agit de photographier le ciel. Dark Sky Finder est une application pratique qui vous aidera à trouver les endroits les plus sombres à photographier.

Il existe aussi de nombreuses cartes en ligne qui permettent de voir sans effort où la pollution lumineuse est la plus forte et où vous pouvez y échapper.

L’équipement pour l’astrophotographie

Il peut être intimidant de se demander quel équipement acheter pour l’astrophotographie.

Avant de dépenser trop d’argent en matériel, vous devez d’abord vous demander sur quel type d’astrophotographie vous souhaitez vous diriger (chose que vous devriez savoir si vous avez lu le début de ce guide).

Vous intéressez-vous aux images du ciel profond des galaxies et des nébuleuses ? Où êtes-vous plutôt intéressé par les paysages nocturnes, dans lesquels les étoiles ne sont qu’une partie de votre scène ?

Les réponses à ces questions vous aideront à décider quel équipement acheter. En effet, la photographie du ciel profond nécessitera des téléobjectifs, voire un télescope, tandis que la photographie de paysages nocturnes nécessitera des objectifs grand-angles.

Bien sûr, vous aurez besoin d’un équipement « standard » pour toutes vos photos comme : un trépied robuste, un appareil photo qui peut fournir une bonne qualité d’image à des ISO élevés, et un objectif avec une ouverture rapide d’au moins f/2,8 si possible.

Attention, votre choix d’équipement ne doit pas vous ruiner et de très belles astrophotos peuvent être réalisées à moindre coût.

Au lieu de vous laisser intimider par ces choses-là tout de suite, il vaut mieux laisser votre curiosité et votre passion créative vous guider lentement, après avoir maîtrisé les bases.

Bien entendu, si vous êtes prêt à investir dans de l’équipement plus onéreux et spécifique pour la photographie de la Voie lactée faites-vous plaisir ! Un Sony A7III ou un Nikon D750, et un objectif rapide comme le Sony 24 mm f/1,4 GM ou le Samyang 14 mm f/2,8 AF feront effectivement des merveilles.

Quelle est la distance focale la plus adaptée ?

Vous pouvez photographier la Voie lactée avec n’importe quel objectif à ouverture rapide, mais elle apparaîtra très différente selon la longueur focale que vous aurez choisie.

Un objectif ultra-large de 12 à 16 mm est un choix très courant pour l’astrophotographie de paysages, car il vous permet de composer des images qui incluent non seulement la Voie lactée, mais aussi le ciel environnant, ainsi qu’un avant-plan.

Ensuite, de 20 mm à 35 mm, il existe différents objectifs qui offrent une grande qualité d’image et une vue plus étroite de la Voie lactée.

Lorsque vous arriverez à 50 mm, le noyau de la Voie lactée sera très grand dans le cadre de votre image, et vous aurez très peu de place pour composer et cadrer autre chose, à l’exception de ce qui se trouve au bord de l’horizon.

Les objectifs pour l’astrophotographie

L’objectif que vous utilisez aura évidemment une incidence sur le grossissement. Les objectifs grand-angles peuvent être utilisés pour des expositions beaucoup plus longues que les téléobjectifs avant que les étoiles ne commencent à « traîner ».

Les trackers que nous avons mentionnés peuvent prendre en charge des objectifs allant jusqu’à 600 mm environ.

Pour des photos étonnantes de nébuleuses et de galaxies, un téléobjectif donnera des résultats impressionnants.

Parmi les objectifs les plus pointus de cette catégorie, on trouve la gamme Art prime de Sigma, qui sont tous très bons :

Sigma 50mm f/1,4 Art, 85 mm f/1,4 Art, 105 mm f/1,4 Art et 135 mm f/1,8 Art

Samyang propose également des objectifs fantastiques pour l’astrophotographie du ciel profond :

Samyang 50mm, 80 mm f/1.4 et le Samyang 135mm f/2

Bien sûr, Canon, Nikon et Sony ont tous de superbes téléobjectifs à ouverture rapide. Cependant, la plupart d’entre eux sont beaucoup plus chers.

Lorsque vous envisagez un objectif de marque, gardez aussi à l’esprit les autres choses que vous photographiez avec, car il est probable que vous les utilisiez en dehors de l’astrophotographie.

Si vous décidez que vous êtes plus passionné par l’astrophotographie de paysages, alors vous chercherez plutôt des objectifs de 14 mm, 20 mm, 24 mm et 35 mm.

Presque tous les objectifs à ouverture rapide, qu’il s’agisse d’un objectif « prime » ou d’un zoom, constituent un bon choix.

En fait, la plupart des objectifs grand-angles fabriqués récemment sont très nets ; ce n’est que dans les coins extrêmes des objectifs grand-angles que nous constatons des différences significatives.

L’ultra-large, le Samyang 14 mm f/2,8 UMC, est un excellent objectif d’initiation à l’astrophotographie de paysages.

Il offre une bonne distance focale pour les boitiers d’appareil photo plein format et à capteur APSC et est disponible sur tous les systèmes d’appareil photo.

Il y a beaucoup d’excellents objectifs zoom f/2,8 qui couvrent 14 mm, 15 mm ou 16 mm. Cependant, ils sont un peu plus chers et plus lourds.

Si cela ne vous dérange pas, alors les zooms suivants feront l’affaire :

Tamron 15-30mm f/2,8 VC

Nikon 14-24mm f/2,8

Canon 16-35mm f/2,8 III

Sony 16-35mm f/2,8 GM

Sigma 14-24mm f/2,8 Art

N’oubliez pas, bien sûr, les différents grands angles f/1,4 prime qui offrent à la fois une incroyable capacité de collecte de lumière, et une incroyable qualité d’image.

Sony 24 mm f/1,4 GM

Sigma 24 mm f/1,4 Art

Samyang 24 mm f/1,4

Sigma 35 mm f/1,4 Art

Il existe d’innombrables objectifs « primes » dans la gamme de 20 mm à 35 mm. Certains sont f/1,8, d’autres f/2 ou f/2,8.

Chacun d’entre eux peut être un bon choix, mais il s’agit généralement d’un compromis que vous feriez en fonction des autres types de photographie que vous prenez, en dehors des paysages nocturnes.

Le boitier pour l’astrophotographie

Il existe de nombreux types d’appareils photo pour chaque type de photographie. L’astrophotographie n’est pas différente.

Quelle taille de capteur d’appareil photo est la meilleure pour l’astrophotographie ?

En ce qui concerne le capteur, est-il préférable de photographier le ciel avec un appareil APSC ou un appareil plein format ? Il n’y a pas de réponse simple à cette question, car les deux systèmes présentent des avantages et des inconvénients.

Un capteur APSC « agrandit » l’objectif par rapport à un appareil plein format. Par exemple, un Canon 7D (boitier APSC) avec un téléobjectif de 300mm (en plein format), donne un grossissement de la distance focale de x 1,6. On obtient donc, un objectif 480mm. L’avantage ici est que vous êtes maintenant plus proche de l’objet que vous souhaitez photographier.

Avec un capteur plein format, la qualité est plus élevée et le bruit numérique sera plus faible.

DSLR, hybrides, et même votre smartphone peuvent vous donner de superbes photos. Il existe même des appareils spécialisés en astrophotographie conçus pour capturer le ciel.

Chaque caméra a ses avantages, alors essayez d’utiliser ce que vous avez avant de penser à investir dans un nouveau boitier !

En effet, la partie la plus importante de l’équation n’est pas le boitier de l’appareil photo ! C’est l’objectif, mais plus important encore, ce sont les techniques utilisées.

Vous voulez quand même quelques recommandations ? Voici une liste de boitiers plein format et APS-C performants pour l’astrophotographie :

Sony A7III, Sony A7RIII, Sony A7SII, Sony A6400

Nikon D750, Nikon D850, Nikon Z7, Nikon Z6, Nikon D7500, Nikon D5600

Canon 6D, Canon 6D MKII, Canon 5 D MKIV, Canon EOS R/RP, Canon M5

Fuji X-T3, Fuji X-T2, Fuji X-T100, Fuji X-T20

Les boitiers dédiés à l’astrophotographie

Devriez-vous vous procurer un appareil photo dédié à l’astrophotographie ? Il existe quelques appareils photo sur le marché, comme le Nikon D810A, le Canon 60Da ou encore le Canon RP, qui ont un capteur spécialement modifié et optimisé pour l’astrophotographie.

Ces appareils vous permettent de capturer de meilleurs détails d’image à partir de certaines longueurs d’onde de la lumière qui sont à peine visibles ou même invisibles à l’œil humain, mais qui sont de belles parties de notre univers.

Avez-vous vraiment besoin d’un de ces appareils photo ? Si vous êtes sérieux en matière d’astrophotographie, c’est certainement quelque chose à considérer.

Cependant, pour quiconque fait aussi un peu de photographie traditionnelle pendant la journée, un appareil photo astro-modifié ne sera pas optimal.

Par conséquent, il devrait généralement s’agir d’un deuxième appareil photo. Sinon, toutes vos images de jour auront une faible dominante de couleurs ou seront mal équilibrées.

Vous pouvez essayer de corriger cela avec des réglages de la balance des blancs, mais ce n’est pas très pratique, et ce n’est jamais vraiment parfait.

Les trackers

Si vous vous intéressez à l’astrophotographie du ciel profond avec des téléobjectifs ou des télescopes, alors l’un des outils les plus utiles, voire essentiels, sera ce que l’on appelle un tracker.

astrophotographie-tracker

En effet, la Terre tourne rapidement — à près de 1 600 km/h — et comme nous allons prendre des photos à longue exposition, votre appareil photo doit se déplacer en synchronisation pour éviter que les étoiles n’apparaissent comme des traînées floues sur vos photos.

Il s’agit d’un accessoire qui se monte sur votre trépied et qui déplace lentement votre appareil photo et votre objectif pour s’adapter à la rotation de la Terre.

Cela vous permet de prendre de très longues expositions des étoiles.

Il existe quelques traqueurs d’étoiles qui sont relativement simples, portables et abordables. Les modèles les plus populaires sont le SkyTracker iOptron, le SkyWatcher Star Adventurer et le Slik Astro Tracker.

Les trépieds

En matière d’astrophotographie, un trépied est un must, pas une option. La création de ces images peut être une entreprise lente par rapport à la vitesse d’obturation fulgurante de votre photo en plein jour. Si les appareils photo bougent pendant une exposition, même d’un millimètre, c’est toute votre photo qui sera ruinée.

Acheter le trépied le plus léger et le moins cher que vous pouvez trouver est tout simplement une mauvaise idée ! L’idéal est un trépied lourd et solide qui assurera la stabilité de votre matériel.

La bonne nouvelle, c’est que de tels trépieds solides et résistants peuvent être tout à fait abordables. On peut également trouver de nombreux trépieds d’occasion, comme ceux de Manfrotto ou de Slik. Si vous avez un peu plus d’argent, les trépieds Gitzo d’occasion sont d’une solidité impressionnante.

Il y a d’innombrables trépieds que nous pourrions vous recommander, et il y a encore plus de trépieds sur lesquels nous pourrions vous mettre en garde. Pour rester simple : évitez les trépieds sans nom, générique ou à petit budget.

Un trépied est un bon investissement que vous garderez longtemps !

Les autres accessoires

Il existe de nombreux accessoires fantaisistes que vous pouvez acheter pour l’astrophotographie. Gardez simplement à l’esprit qu’ils ne sont pas vraiment essentiels pour de bonnes photos, même s’ils peuvent vous aider à améliorer vos images pour relativement peu d’argent.

L’accessoire le plus pratique et le plus abordable est un déclencheur à câble. En avoir un vous permettra de déclencher la photo sans toucher votre appareil photo et votre trépied, vous assurant ainsi une meilleure netteté.

Bien sûr, si vous n’avez pas de déclencheur à câble, vous pouvez toujours utiliser le minuteur intégré de 2 secondes de votre appareil photo.

Un autre accessoire qui peut être utile est un filtre de pollution lumineuse qui, comme son nom l’indique, est destiné à éliminer la pollution lumineuse du ciel nocturne et à révéler des détails plus précis dans le ciel.

Les effets de ces filtres peuvent être importants lors de prises de vue dans des villes polluées par la lumière.

Selon les types d’objets célestes que vous souhaitez photographier, un filtre courant à prendre en considération est un filtre « à bande étroite », qui supprime la lumière des lampadaires à vapeur de sodium et de mercure.

Vous pouvez aussi opter pour un filtre « large bande » pour des conditions où la pollution lumineuse est moindre, mais toujours présente.

Régler son appareil photo pour l’astrophotographie

Tout d’abord, réglez votre exposition et votre mise au point. Nous allons tout faire manuellement. Pas de panique, nous allons tout vous expliquer !

Comment faire la mise au point sur la Voie lactée ?

La mise au point sur la Voie lactée n’est pas bien compliquée, il suffit de commencer par installer votre appareil sur son trépied. N’oubliez pas de passer votre appareil en mode manuel, de cette façon, il n’essaiera pas de refaire la mise au point dans le noir lorsque vous prendrez votre photo.

De nombreux objectifs ont une marque « infini » où vous pouvez commencer. Cependant, la marque elle-même n’est pas toujours assez précise pour des étoiles très nettes.

Passez ensuite en mode Liveview et choisissez une étoile très brillante dans le ciel sur laquelle vous allez faire la mise au point.

Activez alors le zoom numérique avec le bouton zoom. Tournez alors la bague de mise au point jusqu’à voir l’étoile à l’écran et affinez la mise au point pour qu’elle apparaisse bien nette et bien visible. C’est fait !

Désactivez le mode Liveview, vous êtes prêt à photographier la Voie lactée.

N’oubliez pas non plus de vérifier votre mise au point chaque fois que vous recomposez vos photos. Il est très facile de toucher à la bague de mise au point.

Note : Il peut être tentant — et plus rapide — de juste faire la mise au point sur l’infini, mais dans ce cas, vous risquez d’avoir des étoiles qui ne seront pas parfaitement nettes quand vous regarderez vos photos sur votre ordinateur !

Comment exposer pour l’astrophotographie

Allons droit au but : la photographie de nuit est extrêmement sombre, et vous allez utiliser au maximum les réglages de votre appareil.

Ouverture

Le luxe de se concentrer sur un seul point d’intérêt, à des millions de kilomètres de distance, est qu’il n’est pas nécessaire de penser à la profondeur de champ, et ce, même si vous shootez à f/1,2.

En effet, la question n’est pas de savoir si tout sera mis au point, mais si vous aurez assez de lumière pour votre exposition… Après tout, nous prenons des photos d’étoiles pendant les nuits les plus sombres du mois dans le but d’éviter au maximum la pollution lumineuse.

Pour l’astrophotographie, nous recommandons de prendre des photos à la plus grande ouverture de votre objectif — par exemple à f/2,8. Cela permet d’obtenir la plus grande quantité de lumière dans l’objectif et de réduire la durée d’exposition.

Si vous prenez une photo où vous incluez un sujet de premier plan, alors f/2,8 est un bon chiffre. Il est suffisamment large pour laisser entrer beaucoup de lumière dans l’objectif tout en offrant une profondeur de champ suffisante pour obtenir une mise au point relative de l’avant-plan.

Vitesse d’obturation

L’ouverture que vous choisissez pour la photographie est la plus large possible. Ainsi, la vitesse d’obturation doit être la plus longue possible.

Mais quelle est la durée la plus longue possible ? Nous pouvons fixer des expositions presque illimitées sur nos appareils photo. Mais il y a une limite très précise à la durée d’exposition pour les photos d’étoiles. Si vous réglez un temps trop long, le mouvement de la Terre transformera les points nets des étoiles en traînées.

Heureusement, il existe un moyen très simple de résoudre ce problème, à savoir un calcul rapide appelé :

La règle des 500

La règle des 500 calcule le temps d’exposition le plus long possible pour l’objectif utilisé pour la photographie de la Voie lactée avant que le mouvement de la Terre ne commence à se manifester.

Cette méthode est facile à utiliser : divisez simplement 500 par la distance focale effective de votre objectif.

Par exemple, 500 divisé par 14 mm donnerait 35,7 ; cela signifie que 35,7 secondes est votre durée d’exposition maximale conseillée.

Pour ce même calcul, cette fois-ci pour un objectif de 24 mm, le résultat est de 20 secondes.

La raison est que lorsque votre perspective est plus étroite, le mouvement des étoiles est relativement plus rapide. Donc, plus votre objectif est large, plus vous avez de temps pour exposer les étoiles.

N’oubliez pas que la règle se calcule avec votre distance focale effective (ou équivalente). Si vous utilisez un appareil photo avec capteur APSC ou 4/3 ou autre, votre « petit capteur » recadre la scène et cela vous donne un champ de vision plus étroit.

Par exemple, si vous avez un objectif 14 mm f/2,8, mais que vous le placez sur un boitier APSC Canon (comme un Digital Rebel ou un 90D), vous diviserez 35,7 secondes par 1,6. Cela donne un temps d’exposition de 22,3 secondes. Si vous preniez des photos avec un APSC Nikon (comme un D5300), vous diviseriez 35,7 secondes par 1,5 pour un temps d’exposition de 23,8 secondes.

Tout ce que vous devez vous rappeler, c’est de prendre 500, puis de divisez le par votre distance focale. Et si vous êtes sur un appareil photo autre qu’un appareil à capteur plein format, vous devez diviser ce nombre à nouveau par le facteur d’agrandissement de votre capteur.

Limitation de la règle des 500

Notez bien que la règle des 500 n’est pas une « règle », mais plutôt une ligne directrice. Si vous avez un appareil photo moderne à haut mégapixel, cette règle fonctionne moins bien. Une résolution plus élevée signifie des pixels plus petits, ce qui signifie plus de détails. Le flou de mouvement apparaîtra donc plus tôt.

Dans ce cas, réduisez simplement un peu le temps de pose ou arrondissez votre calcul en dessous ou encore utilisez 400 ou 300 à la place de 500.

Vous obtiendrez des vitesses d’obturation plus rapides, vous devrez donc probablement augmenter un peu votre ISO pour compenser. Cela produira plus de bruit — mais si vous devez choisir entre le bruit et le flou, optez pour le bruit, qui est récupérable par la suite.

Sensibilité ISO

Contrairement à l’ouverture et à la vitesse d’obturation, il n’y a pas de règles concernant comment régler la sensibilité ISO. Il est important de se rappeler que plus l’ISO est élevée, plus l’image sera bruyante.

En utilisant un appareil photo plein format moderne, vous vous en tirerez assez facilement en réglant votre ISO jusqu’à 12 800. Les capteurs APSC modernes produiront des images assez nettes jusqu’à 6400.

Si vous dépassez ce seuil, la qualité de l’image se dégradera de façon bien plus importante. Heureusement, il est possible d’améliorer la qualité en post production grâce à votre logiciel de retouche photo préféré !

Réduction du bruit d’exposition longue dans l’appareil photo

Vous avez peut-être déjà aperçu ce réglage dans les menus de votre appareil en vous demandant de quoi il s’agissait exactement ? C’est une option qui permet de réduire le bruit numérique de votre photo longue exposition directement dans l’appareil. Une fonction utile, mais qui prend du temps !

Comment cela fonctionne ? L’appareil photo prend d’abord une exposition régulière de 30 secondes par exemple. Une fois cette exposition prise, l’appareil ferme l’obturateur et prend une autre exposition « à blanc » de 30 secondes.

L’appareil compare ensuite l’exposition à blanc à la photo originale. Il le fait pour identifier le bruit numérique, puis l’élimine (le réduit plutôt) de la photo originale. Il fait généralement du bon travail, mais comme vous le constatez, cela double votre temps de pose.

En effet, ce processus prend beaucoup de temps et épuise la durée de vie de votre batterie, ce qui n’est pas idéal. Si vous prenez beaucoup de photos pour un panorama, il ne sera pas assez rapide pour prendre des photos sans que les étoiles bougent trop pour les assembler plus tard.

Pour cette raison, il est souvent plus simple de diminuer le bruit numérique de votre image en utilisant un logiciel de retouche photo.

Exemple de réglages pour commencer

Alors, quels sont les réglages à utiliser pour bien exposer la Voie lactée ?

Pour résumer et comme bon point de départ, voici les réglages que vous pouvez utiliser :

Focale : 14 mm (sur un capteur plein format)

Ouverture : f/2,8

Vitesse d’obturation : 30 secondes

ISO : 3200

Mise au point : Manuellement réglé à l’infini

Ils sont spécifiques à votre matériel et notamment à l’objectif que vous déciderez d’utiliser, mais une fois que vous aurez déterminé les réglages de votre équipement, vous constaterez que vous pouvez utiliser les mêmes réglages pour la plupart de vos prises de vue.

Post-traitement de vos astrophotographies

Assurez-vous que lorsque vous prenez des photos, vous le faites au format de fichier RAW.

À lire : « Format JPEG vs RAW : lequel choisir ? »

Si vous utilisez Photoshop ou un logiciel de retouche d’images, vous serez triste de ne pouvoir travailler qu’avec des JPEG. Le fichier RAW enregistre une gamme dynamique d’informations beaucoup plus large et vous permettra de faire des ajustements dans Lightroom et Photoshop avec plus de contrôle et de meilleurs résultats. Cependant, les images RAW prennent beaucoup plus de place sur votre carte SD, vous devrez donc vous assurer d’avoir suffisamment d’espace lorsque vous partirez pour une session.

Dans un workflow de base, il suffit d’une application de traitement brut comme Lightroom, Luminar ou Capture One.

Ces applications sont dotées d’excellents moteurs pour le traitement brut non seulement des tons et des couleurs, mais aussi de deux autres éléments très importants de la photographie de la Voie lactée : La réduction du bruit et l’accentuation de la netteté.

Lors de la postproduction de vos images brutes, n’ayez pas peur de laisser des noirs être noirs. En effet, vous photographiez un ciel nocturne après tout ! De même, ne sur-traitez pas le contraste ou la saturation de vos images, à moins que vous ne recherchiez vraiment un effet artistique non naturel.

Le but des images de la Voie lactée est de dépeindre les merveilles d’une nuit noire en faisant ressortir les étoiles.

Maintenant, visez les étoiles

Trois cibles populaires pour les débutants sont le double amas de Persée (NGC 869 et NGC 884), la nébuleuse d’Orion (M42) et la galaxie d’Andromède (M31).

Les traqueurs d’étoiles portables tout-en-un n’ont pas de logiciel d’autoguidage intégré, bien que vous puissiez ajouter un autoguidage à n’importe quelle monture EQ3.

« Ce n’est pas si important, car la plupart des gens recherchent des objets qu’ils connaissent pour commencer, qu’ils peuvent trouver eux-mêmes ».

Le moyen le plus simple d’obtenir de bons résultats sans passer des heures à traiter des images est de prendre une seule photo à longue exposition de l’objet de votre choix.

Faites des expériences avec des vitesses d’obturation allant jusqu’à 90 secondes environ (en utilisant un tracker).

« Avec un objectif de 600 mm, 90 secondes est la durée maximale avant que les étoiles ne se mettent à filer, mais c’est plus que suffisant pour la plupart des objets du ciel profond, d’autant plus que les nouveaux appareils photo peuvent augmenter la sensibilité ISO ».

Utilisez une variété de réglages — y compris différents niveaux de balance des blancs — et vous apprendrez rapidement ce qui fonctionne le mieux pour différents objectifs et cibles.

Au fur et à mesure que vous gagnerez en expérience, vous voudrez peut-être faire des essais avec des expositions plus longues et « empiler » vos images pour augmenter le contraste, ce qui implique d’utiliser des montures équatoriales plus coûteuses qui sont également plus compliquées à aligner.

Mais avec le système d’astrophotographie relativement simple, vous pouvez prendre des images étonnantes en un rien de temps.

Conditions et localisation

Naturellement, vous aurez besoin d’un ciel sombre et clair, mais l’astrophotographie exige également une bonne « vision » (une absence de turbulence atmosphérique) et une « transparence » (une absence d’humidité et de poussière dans l’air qui se produit généralement après une forte pluie).

Conclusion

J’espère que vous avez trouvé ces conseils utiles pour l’astrophotographie ! À tout moment de l’année, en toute saison, le ciel nocturne peut offrir de magnifiques sujets pour de nombreux types de photographie.

Comme pour la plupart des choses, la meilleure façon de devenir un astrophotographe est de s’entraîner. Allez-y, commencez à prendre des clichés et apprenez de vos erreurs, qui seront sans doute nombreuses au début.

En résumé, voici tout ce qu’il faut retenir lorsque vous sortez, que ce soit votre toute première fois sur le terrain ou pas :

Assurez-vous d’avoir un objectif rapide, à la longueur focale qui convient à ce que vous souhaitez photographier.

Presque tous les appareils photo de la génération actuelle feront l’affaire ; choisissez votre système d’appareil en fonction de tous les types de photographie que vous prenez, et pas seulement de l’astrophotographie.

Utilisez un trépied solide et fiable, pour une précision optimale des images et la sécurité de votre matériel.

Utilisez toujours un déclencheur à câble ou un mode de retardement, et un obturateur électronique si votre appareil en est équipé.

Faites la mise au point avec soin, en la refaisant autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que vous en soyez absolument certain.

Vérifiez votre vitesse d’obturation pour vous assurer que les étoiles ne font pas des « traînées ».

Maintenant, vous êtes prêt ! Alors, prenez votre équipement photo, assurez-vous d’avoir des batteries de rechange et assez d’espace sur votre carte mémoire, et planifiez votre prochaine sortie !

Avec un peu de patience, il vous sera plus facile de régler votre appareil photo sur les bons paramètres et la bonne position. J’ai passé des heures à regarder ce que font les autres astrophotographes et je continue à apprendre de nouvelles façons d’utiliser ces techniques pour créer des compositions nouvelles et intéressantes.

À lire : « Astrophotographie : 4 conseils pour composer la photo parfaite  »